Pour une politique à double sens

Il m’est arrivé à de nombreuses reprises de dénoncer l’exclusion dela Seine-et-Marne du Grand Paris en la qualifiant de « DOM-TOM de la capitale ». Je me suis expliqué, ici et ailleurs, sur les raisons qui m’ont poussé à avoir cette position critique sur un projet que je considère pourtant comme nécessaire. Ce que je dénonce c’est une politique à sens unique dans laquellela Seine-et-Marne joue toujours le rôle du bon samaritain qui rend service sans jamais en être récompensé. Notre département est en effet « le dindon de la farce », selon l’expression d’Yves Jégo à propos de l’eau, sur un certain nombre de problématiques.

La gestion des ordures francilienne est typique de la considération de la région vis-à-vis dela Seine-et-Marne. Nous « accueillions » en effet 10 millions de tonnes de déchets dont 70% sont en provenance de Paris et de la petite couronne.La Seine-et-Marne est ainsi le réceptacle de la majorité des 26 millions de tonnes de déchets produits par an dans la région Ile-de-France grâce à ses cinq centres d’enfouissement de déchets non inertes et non dangereux (Claye-Souilly, Soignolles-en-Bri, Isles-les-Meldeuses, Monthyon et Fouju) et à sa décharge de déchets dangereux situées à Villeparisis.

 A cela s’ajoute les quatorze sites dédiés aux déchets inertes et auquel il est possible d’additionner les six dossiers de demande d’autorisation d’installations de ce type déposés en préfecture. Enfin je n’oublie pas les remblais de carrières, de chemins vicinaux et les décharges sauvages qui se multiplient à tel point que la préfecture de Seine-et-Marne a entrepris des procédures contre sept installations illégales. Quel est le rapport avec le Grand Paris me direz-vous ? Il est double. Premièrement les travaux vont générer un accroissement massif des gravats du fait des démolitions et des constructions.

Or 80% des 10 millions de tonnes de déchets acheminés versla Seine-et-Marne viennent du BTP. Je ne peux que faire part de ma déception à imaginer que nous n’ayons du Grand Paris que des gravats et que les infrastructures soient l’apanage d’autres territoires. Et c’est là le second point : la contrepartie de ce que fournitla Seine-et-Marne à l’Ile de France, son eau ou l’accueil des ordures, ne serait-elle pas de lui accorder une place méritée dans le Grand Paris. La politique du donnant-donnant est noble et est à mon sens nécessaire pour équilibrer les territoires.

Pour en finir je souhaiterais inciterla Régionà prendre des mesures, et non pas seulement à inciter, afin que le recyclage soit mis au cœur de la politique de traitement des déchets. Les écologistes du Conseil Régional, qui s’opposent à des projets essentiels comme  la voie de contournement de Melun, sont pour l’heure incapables d’imposer un cadre contraignant en la matière. Or recycler, réutiliser et valoriser permettrait de faire de ces déchets une ressource alors qu’aujourd’hui c’est un poids pour notre territoire. La politique ce n’est pas le pouvoir de nuisance c’est la force de proposer.

La place du vélo dans la ville

Il y a quelques semaines de cela l’opposition municipale faisait paraitre, et c’est son droit le plus strict, un article dans le magazine municipal. Ce qui est malhonnête en revanche c’est qu’elle n’hésite pas à recourir au mensonge et qu’elle souhaite biaisé le débat public. Je me devais donc de rappeler la vérité et au passage de dire combien je regrette l’attitude de ces élus qui ne font pas honneur aux fonctions qui sont les leurs. Elle n’hésitait ainsi pas à écrire « Que dire de l’absence de parking à vélos ». Je dois avouer la stupéfaction qui m’a saisit.

Après la torpeur m’est venue une seule question : comment se fait-il que des melunais, qui devrait connaitre leur territoire et qui revendiquent une politique empreinte d’écologie, puissent ignorer qu’il y a aujourd’hui à Melun près de 230 places dans 40 parkings à vélos ? La réponse est simple. Ils sont élus d’un territoire qu’ils ne connaissent pas, ou mal, et n’ont jamais pris un vélo dans la ville. Il existe même, et cela devient cocasse, dans la Cour de l’hôtel de Ville six places mais visiblement ils y passent trop peu de temps pour le savoir.

C’est l’occasion pour moi de retracer rapidement l’histoire des parkings à vélo dans notre ville. En juillet 2010 Melun comptait 135 places dans les 24 parkings de la ville. Mais notre volonté d’améliorer le cadre de vie des melunais et de favoriser les circulations douces nous a conduit à réaliser une étude sur l’extension de l’offre de stationnement des vélos près des lieux et établissements publics. L’étude a ainsi identifié 16 sites prioritaires sur lequel devait installés 44 supports créant ainsi 88 places supplémentaires.

Du Stade Paul Fischer, aux Gymnases en passant par les Parcs, le Cinéma « Les Variétés », le Palais de Justice ou la préfecture toutes ces infrastructures devaient être dotées d’un parking à vélo. Un an plus tard tous les sites ou presque sont équipés et nous sommes même allé plus loin en ajoutant des places qui n’étaient pas prévues dans le projet initial. Aujourd’hui les melunais ont donc à leur disposition près de 230 places dans les parkings à vélos de la ville plus celles qui sont prévues près de la Gare SNCF.

De la même façon l’opposition critique le fait que la mise « place de liaisons douces poursuivi par l’agglomération laisse étrangement Melun bonne dernière en termes de kilomètres de pistes cyclables ». Melun, parce que c’est une ville historique est confronté à des contraintes en termes de largeur de chaussée. Mais il existe de nombreuses réalisations de liaisons douces projetées dans la ville et notamment dans son centre. J’en veux pour preuve les travaux menés, par la Ville, rue Saint Barthelemy et du 31ème Régiment d’Infanterie.

Le côté de stationnement qui y existe, à gauche en descendant la rue Saint Barthelemy, sera déplacé à droite sur les emplacements crées pour le stationnement. Il laissera la place à une piste cyclable séparée de la voie de circulation pour sécurisé la circulation des cycliste qui seront alors à contre sens des voitures descendant vers le centre ville. Dans la rue du 31ème Régiment d’Infanterie deux pistes cyclables seront créées. L’une qui prolonge celle de la rue Saint Barthelemy à gauche dans le sens sud-nord et l’autre à droite.

A mon sens la voie de contournement, qui doit permettre de désengorger le centre-ville saturé par les 90 000 véhicules qui traversent la Seine chaque jour à Melun, est le complément indispensable à une politique de développement des liaisons douces. J’ai plaidé auprès des différents ministres des transports, et je continuerai de le faire, pour une politique globale de déplacement. Contrairement à l’opposition je ne crois pas à la cohabitation entre liaisons douces et saturation du trafic en centre-ville.

Le succès géothermique de Melun

La protection de l’environnement n’est pas une question partisane sur laquelle la gauche aurait le monopole de la vérité. Au fond, à regarder l’histoire des idées politiques, elle ne s’est saisi de la question environnementale que tardivement. Ce sont avant tout les élus locaux, quelque soit leur appartenance partisane, qui ont imaginé des projets pour leur territoire et ses habitants. Les élus melunais ont toujours été préoccupés par les enjeux environnementaux et comme souvent ils ont porté des projets innovants bien avant que les autres ne suivent leurs pas.

Le meilleur exemple de la prise de conscience précoce des élus de Melun est la création du réseau de la Société Thermique de l’Almont en 1969 pour alimenter les quartiers nord de la ville. Il s’agissait de la première géothermie en France sur un réseau de chauffage urbain qui alimentait 3 000 foyers. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer la fiche techniques de ce système mais disons simplement que l’eau est pompée par un système de double puits entre 1800 et 2000 mètres de profondeur.

En 1995 Melun est de nouveau pilote et réalise une innovation technologique en réalisant un nouveau puits de production. Ce dernier réalisé en fibre composite est une première en France et reste toujours le seul réalisé en Ile-de-France à ce jour. Le débit peut ainsi atteindre 430 m3/h alors qu’il plafonnait à 130 m3/h. Aujourd’hui ce sont 6 000 équivalents logements qui sont raccordés à un réseau dont la qualité environnementale permet aux abonnés de bénéficier d’une TVA réduite.

L’énergie géothermale qui alimente le chauffage et l’eau chaude évite aux habitants de subir les variations des prix des énergies fossiles et leur permet de voir leur facture réduite de 20 à 25%. A l’heure d’une fluctuation terrible des prix de ce type d’énergie c’est une manière de maintenir le pouvoir d’achat d’une population socialement fragilisée. Depuis 4 ans c’est plus de 150 logements anciens ou neufs qui ont été raccordés au réseau et nous ambitionnons de relier 2 000 nouveaux logements de l’éco-quartier et le nouvel hôpital d’ici 2014.

Si cette technique est une réussite sur le plan environnemental et social elle l’est aussi si le plan économique puisqu’aujourd’hui Dalkia, la filiale de Veolia qui exploite le site, est aujourd’hui rentable. C’est une excellente nouvelle pour l’économie locale et pour l’emploi à Melun. La leçon à tirer de l’exemple melunais est que les théories portées par les tenants de l’écologie politique ne tiennent pas. Le respect de l’environnement peut admirablement se marier avec une politique sociale et une réussite économique des entreprises.

Gaz de schiste, de l’art de la prudence

Depuis quelques semaines maintenant les esprits s’échauffent autour de la question de l’exploitation en France du Gaz de schiste. Entre l’extrémisme de certains écologistes et l’irresponsabilité de ceux qui méprisent la question écologiste lorsqu’il s’agit de piller les ressources naturelles je crois qu’il existe une position raisonnable. Ainsi je ne peux que me féliciter de la décision de Nathalie Kosciusko-Morizet de suspendre les projets de prospection et d’exploitation sur le territoire national.

Le gaz de schiste est un gaz naturel dont la particularité est d’être disséminé dans les micro-poches d’un millefeuille de schiste à plus de 2000 mètres de profondeur. Jusqu’ici il était trop couteux de l’exploiter mais la raréfaction des énergies fossiles a conduit à en faire une énergie rentable. Ce qui a mon sens va à l’envers du cours de l’histoire où l’épuisement des ressources polluantes doit nous amener à investir dans les énergies renouvelables et non à forer les sols au mépris des équilibres naturels.

La technique d’exploitation du gaz de schiste, par fracturation hydraulique, demande l’utilisation massive d’explosifs, de litres d’eau par millions et de centaines de produits chimiques dont la dangerosité est désormais mise en lumière. Nous n’avons pas en France suffisant de recul pour estimer le coût environnemental de cette exploitation mais une étude américaine pointe déjà les risques cancérigènes des substances utilisées qui s’infiltrent dans les nappes phréatiques alimentant les habitants en eau potable.

Il me semble ainsi parfaitement sage que la ministre de l’Ecologie demande une mission d’expertise des risques potentiels au Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) et au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). De la même manière la prudence de François Fillon, qui a prolongé et élargi le moratoire en suspendant les travaux et recherches jusqu’à la mi-juin, est le signe d’une sensibilité réelle à ces questions.

La Seine-et-Marne est particulièrement concernée par l’exploitation du gaz et de l’huile de schiste puisqu’aux alentours de Doue, dans le nord du département, un permis de prospection de 830 km² a été accordé. De la même manière des tests de fracturation hydraulique ont eu lieu sur la concession de Champotran sur le territoire de la commune de Vaudoy-en-Brie et d’autres sont prévu à Donnemarie-Dontilly. C’est derniers, qui devaient intervenir en février, sont au moins repoussés jusqu’à la publication du moratoire en juin.

L’implication qui est la mienne sur la question environnementale, qu’illustre la mise en place à Melun d’un Agenda 21 et ma volonté de créer une Direction du Développement Durable à la Ville, ne peut que me conduire à exprimer mon inquiétude. Je souhaite, au même titre que nombre d’élus locaux, que les rapports qui seront remis en juin fassent la lumière sur les risques réellement encourus et que l’impact sur l’écosystème soit mesuré. Il me semble important d’exprimer ici mon attente de transparence sur cette question.

Je suis particulièrement attaché au respect et à la préservation de l’eau que Melun met cette année à l’honneur dans le cadre de sa Fête de la nature. Le passage de la Seine au cœur de la ville n’est sans doute pas étranger à ce sentiment d’attachement que je partage avec tous les melunais. Les quantités d’eau nécessaires à l’exploitation du gaz de schiste sont parfaitement indécentes alors même que la Seine-et-Marne connait un niveau de ses nappes phréatiques extrêmement bas. La menace de sécheresse qui pèse sur certains éleveurs et agriculteurs, déjà en proie à d’autres difficultés structurelles, rend inacceptable un gâchis qu’il nous faut combattre à chaque instant.