Visite guidée de Melun avec Pierre Monzani

Le 25 octobre 2011 j’accueillais avec bonheur Pierre Monzani, Préfet de Seine-et-Marne, pour une réunion de travail suivit d’une visite de la ville en compagnie des élus et de certains fonctionnaires de l’administration municipale. La présence du Préfet et l’écoute que ce dernier a manifesté tout au long de la journée illustrent l’attention de l’Etat sur certains dossiers essentiels pour Melun. Je pense à la rénovation urbaine, à la sécurité, aux transports, à la santé, au commerce ou encore à la culture. Sur chacun de ces sujets l’Etat etla Villede Melun travaillent main dans la main et c’est là la clef des politiques structurantes.

La réunion de travail, débutée à 9h dansla Salledu Conseil Municipal, a été l’occasion pour moi de présenter le programme « Oxygène » qui dessine le nouveau visage de Melun. J’ai tenu dans cette présentation à n’oublier aucun quartier: des Hauts de Melun, au centre-ville en passant par le sud. L’occasion m’était donné d’exposer en profondeur les problèmes de circulation sur l’Avenue Thiers, la problématique des transports, le départ de la prison en 2016, le PRU, le futur Hôpital, le Plan de circulation, les SDF, la sécurité sur les quartiers et pour les commerçants ou encore l’aménagement de la place Praslin.

Après la théorie nous sommes passé à la pratique puisque les conviés à la réunion ont fait le tour de la ville dans un bus. Le cortège a marqué trois arrêts sur trois sites stratégiques : le pôle gare, L’ile Saint Etienne et le quartier de Montaigu. A chaque fois j’ai exposé au Préfet, avec mes adjoints et les techniciens dela Villeprésents, les problématiques attachées à chaque projet et son état d’avancement. Pierre Monzani a ainsi pu constater, entre autres, les travaux réalisés sur le parvis de l’Eglise de l’Immaculée Conception qui restructurent complètement l’espace dans lequel s’intègre l’Eco-pôle Loïc Baron qui sort de terre.

De retour à l’Hôtel de Ville, j’ai proposé un échange sur trois thématiques : la voie de contournement de Melun, le périmètre pertinent de l’agglomération melunaise et les moyens de la sécurité à Melun. Sur les trois sujets j’ai rappelé la nécessité d’un travail étroit entre les services de l’Etat et ceux dela Villecar cette dernière n’a ni les moyens humains et financiers ni la compétence juridique en la matière. Qu’il s’agisse de la construction d’une infrastructure routière, du Schéma Départemental dela CoopérationIntercommunalou de la problématique de la sécurité de nos concitoyens nous devons mettre en commun nos intelligences.

Pour ne prendre que le dernier exemple, celui de la sécurité, j’ai décidé en accord avec le Préfet de mettre en place une Police Municipale armée à Melun. Le Code général des collectivités territoriales (L.2212-2) précise que le Maire a pour mission d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique. C’est avec la volonté d’assurer la sécurité des melunais que j’ai souhaité une brigade dela Police Municipale à Melun. Il ne s’agit aucunement de faire concurrence àla Police Nationale mais de dire que la proximité peut apporter une réponse pertinente à un certain type de délinquance et de criminalité.

Afin d’assurer au mieux sa mission,la Police Municipalesera sur le terrain jusqu’à 2 heures du matin. Parce qu’il ne doit exister, nulle part sur le territoire dela République, de zone de non droit j’ai souhaité une présence policière plus tardive. L’armement et la vidéo-protection, qui accompagnent l’action de proximité sur le terrain, ont une capacité dissuasive dans laquelle je crois sincèrement. L’occasion m’est ici donné de saluer les actions récentes du Préfet de Seine-et-Marne dans certains immeubles de Melun. Preuve de la complémentarité des forces de l’ordre.

Une politique de sécurité efficace

Tous les mois les chiffres de la délinquance par rapport à l’année passée sont dévoilés, scrutés et analysés. Il s’en suit une polémique toujours vivace sur les chiffres eux-mêmes, leur évolution ou sur la façon dont les actes de délinquance sont comptabilisés. Je ne tiens pas à m’engouffrer dans les querelles politiciennes, souvent électoralistes, qui suivent la publication des chiffres. Comme je le fais toujours sur ce blog je souhaite apporter une analyse sur le long terme et partager mon regard sur les évolutions tendancielles de notre société.

C’est pour cette raison que j’ai choisi de livrer mon analyse sur l’évolution de la délinquance entre juin 2009-mai 2010 et juin 2010-mai 2011. Cette méthode de comparaison sur l’année glissante est à mon sens la plus pertinente. Preuve en est, c’est celle qui est recommandée par l’observatoire national de la délinquance. L’opposition municipale, dans son exercice favori de démagogie ordinaire, se livre à chaque conseil municipal à la même diatribe sur la politique de sécurité qui est pourtant un devoir politique.

Elle critique des chiffres de la délinquance qu’elle est la seule à voir augmenter et refuse toute politique d’enrayement des violences. Sur le premier point il est à noter, et à souligner, que la délinquance globale en Seine-et-Marne connaît une diminution de 1,51%, avec 81 123 faits recensés entre juin 2010 et mai 2011. La délinquance de proximité connaît elle une baisse de 3,05 % sur la même période avec 37 199 faits recensés. Seul le chiffre des infractions révélées par l’action des services augmente.

Pour le reste, les chiffres baissent pour les atteintes aux biens, les atteintes volontaires à l’intégrité physique ou les escroqueries et infractions économiques et financières. L’action de l’Etat, portée par le Préfet de Seine-et-Marne, porte ses fruits et accompagne la politique que nous menons sur le plan local avec une extension de la vidéo-protection et l’armement de la Police Municipale. Notre politique de prévention, d’insertion et d’accompagnement de ceux qui sont en difficulté se montre efficace et nous encourage à la poursuivre.

Je dois aussi avouer le rôle de la rénovation urbaine dans la pacification des rapports sociaux et la baisse des violences. Mettre en marge et ostraciser des populations entières comme nous l’avons fait dans les années 1960-1970 a très largement concouru à ce que des frustrations s’expriment. L’égalité de chacun devant la loi et devant les perspectives qu’offre la République est indispensable pour étouffer les tentations délinquantes. Une politique sécuritaire échoue toujours là où une politique de prévention-punition réussit.

L’opposition municipale marquée par des désaccords internes entre le Parti Socialiste, le MoDem et les Verts ne propose aujourd’hui aucune solution. Elle n’en proposera pas d’avantage demain au lendemain des présidentielles qui auront montré le faussée idéologique et politique qui sépare c’est trois formations. Les Verts, héritage soixante-huitard, sont proches du laisser-faire là où le Parti Socialiste est inaudible et déchiré. Quant au MoDem il suit les étranges atermoiements de son président égaré.

En attendant qu’elle trouve une position commune nous agissons. Toujours au service de citoyens qui n’ont que faire des calculs politiques et qui souhaitent ne pas craindre pour leur sécurité à chaque instant.

La complémentarité des forces de l’ordre

En préambule je voudrais dire combien je suis satisfait de ma rencontre le 27 juin dernier avec le Ministre de l’intérieur Claude Guéant lors de sa visite à l’EOGN. Ce fut pour moi l’occasion d’évoquer les questions liées à la sécurité et de rappeler qu’elle est un droit. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 par son article 2 expose que la « sureté » est un des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Il faut bien sûr entendre, avec le vocabulaire d’aujourd’hui, « sécurité » à la place de « sureté ».

Si je me permets cette précision juridique c’est qu’il existe parfois une confusion dans la responsabilité des uns et des autres en matière de sécurité. Comme je l’écrivais ici même il y a quelques semaines le Code général des collectivités territoriales (L.2212-2) précise le « pouvoir de police du maire ». Il a ainsi pour mission d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique. C’est avec la volonté d’assurer la sécurité des melunais que j’ai souhaité une brigade de la Police Municipale à Melun.

Il ne s’agit aucunement de faire concurrence à la Police Nationale ou de pointer une inefficacité de sa part. La Police Nationale assure sa mission et j’ai parfaitement à l’esprit la difficulté de faire face à des comportements de plus en plus violents. Si j’ai souhaité une Police Municipale à Melun c’est que j’estime que seule la proximité peut apporter une réponse à un certain type de délinquance et de criminalité. J’insiste ici sur la complémentarité nécessaire des forces de l’ordre au quotidien.

C’est également le message que j’ai porté le 29 juin dernier lors de la cérémonie officielle de remise des armes à la Police Municipale de Melun. A cette occasion j’ai accueilli à l’Hôtel de Ville Pierre Monzani, Préfet de Seine-et-Marne, Marie-Liesse Dupuy, Adjointe chargée de la sécurité, Chantal Baccanini, Directrice départementale de la sécurité publique et Jean-Michel Scotte, Commissaire divisionnaire, Chef du district de Melun. Pierre Monzani a pris la parole pour évoquer le décès d’Aurélie Fouquet il y a un an qui nous rappelle qu’être policier c’est s’exposer à un danger.

La remise des armes a été pour chaque policier un moment particulier. Je dois dire qu’à titre personnel je n’ai jamais eu de passion pour un instrument capable d’enlever la vie à un homme. J’ai donc insisté dans mon discours sur la capacité dissuasive de l’arme. J’espère que les policiers municipaux de Melun n’auront jamais à en user mais je suis intimement persuader que le seul fait qu’il la porte à la ceinture modifiera le rapport de force et leur permettra d’assurer leurs missions plus aisément.

Lors du vote de l’armement des policiers municipaux en 2010 que n’ai-je entendu comme réaction dans l’opposition. David Bresson (Verts) estimait que « le rôle d’une police municipale n’est pas de lutter contre le grand banditisme ». Je tenais à lui faire remarquer que s’il regardait de plus près la société française d’aujourd’hui il se rendrait compte assez rapidement que les armes à feu ne sont plus réservées au seul grand banditisme. Certains voyous sans envergure y ont malheureusement trop facilement accès.

Quant à Sabine Enjalbert (PS) elle a déclaré du haut de son dogmatisme « Melun n’a pas besoin de ce type d’équipement. Je déplore que la ville s’UMPéise de plus en plus ». La gauche porte encore et toujours des œillères sur la question de la sécurité et ne prend position que d’après la ligne du Parti. Elle est parfaitement incapable d’apporter des réponses à ses problèmes qui minent le quotidien de trop de melunais. Pire, elle nie le problème.

Les apports de la vidéo protection

Lors du Conseil Municipal du 28 avril 2011 l’opposition s’est livrée à un exercice dont elle a l’habitude et pourtant qui reste toujours pour moi une étrangeté. Cet art, car exercée avec une telle adresse la pratique prend une tournure artistique, consiste à dénoncer systématiquement les mesures qui visent à assurer la sécurité des citoyens. Cette fois-ci les griefs étaient adressés à la vidéo protection que j’estime être un outil nécessaire dans la lutte contre la criminalité et la délinquance. Il me semblait dès lors tout à fait nécessaire de faire une mise au point sur l’état de la vidéo protection à Melun, sur son évolution et sur son efficacité.

La première contre-vérité que je tenais à dénoncer est l’œuvre d’Aude Luquet qui a pu écrire : « Assurer la sécurité des biens et des personnes est une compétence de l’Etat ». Comment peut-on aspirer à exercer des responsabilités avec un tel degré d’ignorance des compétences du maire ? Il n’est pas que du ressort de l’Etat d’assurer la sécurité des citoyens. Le maire est chargé d’importants pouvoirs de police administrative, au sens de l’article L.2212-2 du Code général des collectivités territoriales (CGCT). Au titre de ce « pouvoir de police du maire » il a la responsabilité d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique.

Dès lors le désengagement de l’Etat que la gauche aime à dénoncer est une parfaite contre-vérité utilisée à des fins politiciennes. Le code général des collectivités territoriales prévoit par son article L.2212-5 que la Police Municipale, placée sous l’autorité du Maire, assure le bon ordre, la sécurité, la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique. Le chiffon rouge que l’opposition agite en expliquant que les « habitants de ces communes paient deux fois un service » (Aude Luquet) est donc une illusion qu’elle se plait à entretenir avec démagogie.

Elle a pu même me reprocher de vouloir « rassurer les populations en montrant une preuve « visible » de la prise en considération de la sécurité » (Aude Luquet). C’est de la responsabilité même du politique que d’entendre les inquiétudes et de prendre des décisions pour les réduire. Je m’exprime avec d’autant plus de sérénité sur la question que l’on ne peut me taxer d’une droitisation de mon discours. Mon parcours politique, fait de prises de position modérées, et ma méthode, basée sur le dialogue, sont l’illustration de cette tempérance.

Le programme de vidéo protection mis en place à Melun, 27 caméras dont 5 fixes et 22 automatiques, est subventionné par l’Etat. Preuve qu’il n’existe pas de désengagement de sa part, le 28 avril 2011 le Conseil Municipal a adopté une convention de partenariat avec l’Etat qui permettra à la police municipale d’accéder directement au mur d’images utilisé par les policiers municipaux. En 2011 de nouveaux sites seront équipés : Place de l’Ermitage, les abords de la Gare SNCF et la rue Saint-Aspais. L’objectif est d’ajuster les lieux surveillés sur la carte de la délinquance.

La question la plus épineuse, parce que difficile à estimer, est évidemment celle de l’impact de la vidéo protection sur les chiffres de la délinquance et de la criminalité. En revanche ce qui est mesurable c’est le rôle de la vidéo protection dans la constatation des actes qui contreviennent à la loi. En 2010 la vidéo protection a permis de constater 753 faits, dont 544 constatations d’infraction et 209 opérations de surveillances spécifiques sur demande de la Police Nationale ou de la Police Municipale.

A lire la liste des infractions constatées je ne doute pas que ce lourd investissement a été parfaitement nécessaire tant pour le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique, dont j’ai la charge, que pour l’économie de l’argent public par exemple en constatant les dégâts faits sur le mobilier urbain. L’efficacité de la vidéo protection tient à l’implication des agents de Police au Centre de supervision et sur le terrain. C’est un outil qui rend plus efficace l’action humaine. Il ne la remplace pas. Il ne la remplacera jamais.