Le suppléant, un élu à part entière

Le 16 avril 2012 j’ai déclaré ma candidature en tant que suppléant de Jean-Claude Mignon pour les élections législatives des 10 et 17 juin sur la première circonscription de Seine-et-Marne. J’en ai expliqué les raisons et c’est donc un autre sujet qui m’amène à rédiger ce billet aujourd’hui. Le rôle de suppléant à la députation est mal connu et malheureusement largement déconsidéré. Je souhaiterai ici, puisque j’ai une certaine expérience de ce rôle, vous parler de ce en quoi il consiste. Car il ne se limite pas, comme beaucoup tendent à le penser, à remplacer le député en cas de cessation de son mandat. Le suppléant est avant tout le gardien d’une continuité et d’une stabilité politique.

La Constitution de1958 aen effet prévu son élection pour qu’il n’y ait pas d’élections partielles ou de non représentation à l’Assemblée nationale en cas de décès, de nomination au Gouvernement, de nomination au Conseil constitutionnel, de prolongation au-delà de 6 mois d’une mission temporaire confiée par le gouvernement ou d’une élection au Sénat. Cependant il y a non représentation au Palais Bourbon si la cessation de mandat intervient un an avant la fin de la législature. Cas dans lequel le suppléant ne remplace pas le député. Les intérêts des habitants de la circonscription ne sont alors plus défendus et chacun conviendra que cette vacance du siège est dommageable pour les citoyens.

Le suppléant est également un collaborateur qui rapporte au député les demandes qui sont faites par les habitants de la circonscription. Sans remplacer le député, qui tient des permanences en circonscription pour être au plus près aspirations, il est lui aussi en mesure de faire entendre des doléances. La confiance et l’échange entre le député et son suppléant sont donc particulièrement importantes. A ce titre je dois dire que Jean-Claude Mignon et moi-même sommes en contact permanent et que la nature de nos relations nous amène à nous entretenir de façon quasi quotidienne. D’ailleurs comment pourrait-on nous ignorer alors que nous sommes Maires de deux villes majeures et frontalières ?

Après avoir été le suppléant d’Yves Jégo et après avoir siégé à l’Assemblée nationale pendant 15 mois j’ai accepté d’être le suppléant de Jean-Claude Mignon. Je l’ai fait, pour les qualités que je lui reconnais, mais aussi parce que désormais Melun n’aura qu’il seul député et qu’il m’a paru essentiel d’être le premier soutien de celui-ci. En cette période charnière pour notre territoire, car il est confronté à d’importantes mutations, je donne rendez-vous les 10 et 17 juin 2012 à tous ceux qui veulent un binôme compétent sur les dossiers locaux, à l’écoute de leurs préoccupations et investis sur leur mandat de Parlementaire. Pour un territoire fort, faites la différence et dites le haut et fort.

Le Bas de l’Almont redessiné

Depuis plusieurs semaines le bas de l’Almont connait de lourds travaux qui doivent s’achever en juin prochain. Cette opération vise à résidentialiser le quartier au niveau des rues Docteur Roux, Albert Gorge, Jean Moulin et Estienne D’Orves. Le projet porte sur deux îlots bâtis situés de part et d’autre de la rue Jean-Moulin, à proximité immédiate du ru de l’Almont. L’îlot « Albert Gorge », délimité par la rue Jean-Moulin au sud et la rue d’Estienne-d’Orves à l’est, constitué de six bâtiments propriété des Foyers de Seine-et-Marne pour cinq d’entre eux et de l’OPH 77 pour le dernier. Et l’ilot « Docteur Roux », délimité par la rue Jean-Moulin au nord et la rue du Docteur Roux à l’est, constitué de deux bâtiments, propriété des Foyers de Seine-et-Marne.

Ce projet urbain fait suite à une fine analyse des enjeux du site. J’ai souhaité qu’il réponde à quatre objectifs majeurs. Le premier d’entre eux est de mieux parvenir à différencier les espaces publics et privés afin de faciliter leur entretien sur le plan opérationnel et financier. Vient ensuite la volonté de rationnaliser l’offre de stationnement puis d’améliorer le système de stockage, de présentation et de collecte des ordures ménagères. Enfin il vise à adapter les espaces extérieurs aux usages des habitants avec la création d’espaces récréatifs, la sécurisation des espaces résidentiels et la prévention des conflits. Pour atteindre ces quatre objectifs j’ai estimé que la résidentialisation devait se faire en suivant quatre grandes lignes directrices.

La première est de réaliser une résidentialisation semi-ouverte, permettant d’organiser les flux piétons sans contraindre les usages existants, la seconde est d’organiser et de sécuriser le stationnement, la troisième est d’améliorer l’accessibilité aux pieds des immeubles, et la quatrième est de valoriser les accès au parc de Spelthorne et des cheminements existants. Grâce à la voie demi-lune sur le bas de l’Almont, voie nouvellement créée, les nouveaux îlots résidentialisés seront mieux desservir. La réalisation de la voie demi-lune coûtera au total 769 200 € TTC. La Ville aura à sa charge 576 000 € TTC, dont la partie assainissement financée par la CAMVS, et l’ANRU la financera à hauteur de 192 300 € TTC. Il s’agit d’’un axe essentiel.

Le principe de ce type d’opération de rénovation, que nous avons voulons être un « accompagnement résidentialisation », est de suivre le tempo opérationnel du bailleur afin de disposer d’aménagements qui soient en concordance les uns avec les autres. C’est dans cette optique que la Ville a travaillé de concert avec l’OPH 77 et Les Foyers de Seine-de-Marne dans le cadre d’un protocole foncier, qui clarifie la situation foncière et les responsabilités de chacun. Les bailleurs réaliseront eux l’aménagement des parcelles exclues du domaine public communal, et intégrer au domaine privé, pour que se distinguent parfaitement les espaces public et les propriétés privées. C’est tout le sens de la résidentialisation que de rendre lisible ce découpage.

Quand les convictions naissent avec les élections

Depuis quelques semaines certains élus locaux de gauche, ou ceux qui aspirent à l’être, se sont découverts des combats nouveaux. Eux que l’on n’a jamais entendu prendre la moindre position sur l’Hôpital de Melun depuis dix ans en font désormais l’axe central de toutes leurs prises de parole. Je le dis sans esprit partisan : se saisir d’un projet majeur comme celui-ci à l’approche des élections présidentielles et législatives relève d’une attitude démagogique et électoraliste. Les mots choqueront sans doute. Je suis, moi, choqué par le fait que des responsables politiques prennent en otage la santé d’un bassin de 300 000 personnes à des seules fins politiciennes et électorales.

Car plus que de se réveiller à un mois d’échéances majeures ce qui est grave c’est que ces élus ne défendent pas les intérêts des malades. Le projet d’Hôpital est, sur le plan médical et architectural, définitivement acté. La question de sa construction n’est pas en jeu. Il sera réalisé. La seule question qui reste en suspens c’est celle du financement. Or pour que l’Etat trouve les fonds nécessaires il est indispensable que les élus locaux fassent bloc et soutiennent le projet. Jean-Claude Mignon, Député, Colette Mélot, Sénatrice, Bernard Gasnos, Président de la CAMVS, et moi-même unissons nos forces et nos actions pour que le bassin Melunais soit doté de cet équipement de référence.

Jusqu’ici une grande partie de la gauche regardait le projet de loin, sans opposition et sans soutien. Mais soudainement les appétits électoraux ont poussé Sabine Enjalbert, Lionel Walker, le parachuté Olivier Faure, Didier Turba et les autres à créer une actualité pour la campagne. Je regrette cette attitude opportuniste alors que d’autres élus travaillent avec constance. Il est fort heureux que des hommes comme Claude Evin, qui fut Ministre de François Mitterrand, regardent les choses sans arrières-pensées politiques. Aujourd’hui responsable de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France ce dernier a salué la qualité du projet et en a fait la priorité numéro une pour la région francilienne.

Derrière les effets d’annonce, et les opérations de communication électorale, les Seine-et-Marnais ont droit à la vérité. Le fait que l’Etat tarde trop à débloquer l’enveloppe nécessaire au lancement de la construction ne signifie absolument pas qu’elle n’aura pas lieu. Le Ministre de la Santé nous l’a confirmé oralement. Je tenais à écrire ici que l’Etat peut d’ailleurs s’engager d’une autre manière que celle qui consiste à verser une enveloppe globale. Il peut, et c’est une solution que je prône, prendre en charge des annuités d’emprunt ce qui permettrait d’étaler l’effort financier qui lui est demandé. Ce qui est certain c’est qu’un engagement ferme de l’Etat aujourd’hui serait un signe fort devenu indispensable.

La signature d’un avenant au CUCS

Le 10 mars dernier je signais avec d’autres, dont le Préfet Pierre Monzani, un avenant au Contrat Urbain de Cohésion Sociale mis en place depuis 2007. Avant de rentrer dans le détail de ce qu’est le CUCS il m’apparait nécessaire d’écrire que son objectif est de réduire, jusqu’à les éliminer, les inégalités entre les territoires concernés par le PRU et les autres. Une autre manière de l’expliquer est de dire qu’il s’agit d’un plan d’actions précises qui visent à homogénéiser, par le haut, les différences qui existent en matière de prévention de la délinquance, d’emploi et de développement économique, d’éducation et de santé. Le CUCS, avec son budget de 200 000 d’euros, vient en complément d’autres dispositifs déjà mis en œuvre comme le Programme de réussite éducative, la Convention de gestion urbaine et le Contrat local de santé.

Cet avenant est le fruit d’un long travail. Comme je n’ai pas l’outrecuidance d’estimer qu’il m’est possible d’épuiser le sujet dans ce billet j’ai souhaité ici me concentrer sur la thématique de l’Education et de la réussite. Une société qui ne parvient plus à proposer à ses enfants un chemin d’avenir est une société qui doit se poser la question de sa décadence. L’Ecole doit être, pour les enfants, le lieu de l’apprentissage des savoirs fondamentaux. A ce titre il me parait essentiel de lui redonner l’autorité qui fut la sienne et que les idéaux libertaires de mai 68 ont balayé. L’Ecole n’a évidemment pas à se soustraire aux parents qui ont la charge d’élever leurs enfants et de leur apprendre les règles de vie en société. A l’Ecole il revient d’en faire des citoyens respectueux des lois de la République et des esprits éveillés sur le monde qui les entoure.

De l’étude que nous avons menée il ressort, mais nous ne l’ignorions pas, qu’un travail doit être fait pour favoriser la mixité sociale dans les établissements. Le collège, plus encore que l’école élémentaire, reflète la structure sociale du quartier. Ce qui fait dire aux collégiens qu’il en est le miroir et qu’il limite l’opportunité d’ouverture sur l’extérieur. La reproduction sociale y fait donc son œuvre puisque les populations défavorisées se concentrent dans les établissements en ZUS. Celles qui sont dans une situation favorable mettent en place des stratégies d’évitement, par dérogation ou déménagement, qui renforcent l’entre-soi. La carte scolaire, qui doit devenir un outil de mixité sociale, la pratique du 2ème enseignant dans la classe, les Plans illettrisme et la question de l’orientation sont autant de pistes qui sont de formidables outils à utiliser.

Si, comme je le disais en introduction, l’Ecole ne doit pas remplacer la famille celle-ci doit être intégrer et consulter. La non-maitrise des codes scolaires, l’ignorance des parcours valorisants et l’incapacité pratique d’offrir de bonnes conditions d’étude à la maison sont autant de barrière à l’œuvre de l’Ecole républicaine. Les associations locales, les Collectivités territoriales et l’Ecole proposent toute une série de dispositifs d’aide à la réussite scolaire. Le CUCS est le moyen de définir une cohérence entre tous ces mécanismes afin de rendre chacun d’eux plus efficace. Les familles doivent en être partie prenante afin que les parents sachent comment accompagner le parcours scolaire de leur enfant. Leur participation à des ateliers de devoirs est l’occasion de montrer à quel point les enfants sont en attente d’un soutien pédagogique au sein de la cellule familiale.

L’idée essentielle est de donner du sens à l’Ecole c’est-à-dire de faire saisir aux parents qu’elle est une clef qui ouvre la porte de la réussite sociale. Ce travail est primordial car il arrive que certains, parce qu’ils sont issus d’une culture où l’Ecole occupe une autre place, ne se rendent pas compte du fait que le modèle méritocratique français repose sur le diplôme. Il est évident que j’ai bien à l’esprit les ratés ce modèle. Parce que selon le territoire dont on est issu nos chances de réussite augmentent ou se réduisent. C’est pour cette raison que j’ai souhaité mettre en place un Contrat Urbain de Cohésion Sociale et son avenant. Pour que le territoire ne décide plus l’avenir de ceux qui y vivent. La France, en tant que nation, c’est la conscience de partager un passé commun. Mais c’est aussi le droit à l’espérance dans un avenir individuel réussi grâce aux opportunités qu’offre la République.

La vérité comme elle est

Comme j’ai pu déjà l’écrire ici je suis particulièrement attaché à la liberté de la presse et il ne s’agit pas pour moi de lui contester ce droit fondamental. Cependant je souhaiterais exposer mon sentiment sur La République de Seine-et-Marne en date du 19 mars 2012. Car c’est à une attaque en règle à laquelle nous avons eu droit avec les articles « Quotidien dans les quartiers chauds : le silence fait-il sa loi ? » et « Cantines scolaires : un choix contesté ».

Je passerai rapidement sur le second en regrettant malgré tout que le tract politique de Bénédicte Monville, candidate aux législatives sur la première circonscription de Seine-et-Marne, se retrouve repris tel quel dans un article. Jamais la rédaction ne m’a appelé, ou mon Adjointe en charge de l’éducation, pour entendre les arguments qui nous ont conduit à mettre en place une Délégation de Service Public pour les cantines scolaires. C’est, me semble-t-il, la base du travail journalistique que d’écouter les diverses positions sur une question et cela d’autant plus lorsque les affirmations viennent d’une candidate en campagne électorale.

Son manque de notoriété la pousse à rédiger des tracts incendiaires pour que son nom apparaisse dans les médias locaux. J’invite les journalistes à ne pas tomber dans ce piège tendu si typique d’une gauche de la gauche particulièrement sectaire. Je m’étonne, alors que le journaliste était présent lors du Conseil municipal, de ne pas lire les réponses que j’ai apportées à l’opposition sur chaque point. Il est d’ailleurs faux de dire que des « réponses restent en suspens ». J’en veux pour preuve que l’opposition s’est abstenue, ce qui en langage politique équivaut à un oui, et qu’un de ses élus a même voté « pour ».

Pour « un choix contesté » c’est une contestation bien silencieuse. Sauf à considérer qu’une élue qui n’est pas de la commune a son mot à dire sur les délibérations votées par les membres du Conseil municipal de Melun. Que Madame Monville fasse campagne sur des thèmes relevant de la compétence de l’Assemblée nationale serait plus opportun. Qu’elle s’explique, par exemple, sur la régularisation de tous les sans papiers qu’elle appelle de ses vœux. Je n’ai pas beaucoup à développer car chacun comprendra l’esprit étriqué de ce courant politique qui s’oppose à la DSP « d’abord, pour une question de principe » dixit le tract lui-même.

Je ne m’étendrai pas d’avantage sur cet article et préfère concentrer mon analyse sur le premier. A l’auteure je souhaite dire que lorsque l’on ne connait pas un territoire on trempe sa plume dans la tempérance. Que lorsqu’on ignore la réalité du terrain on ne dessine pas à coup de clichés le quotidien de milliers de personnes. Que lorsque l’on est dépourvu de toute lecture politique on respecte l’action des élus de la République. C’est votre droit de dénoncer des inégalités, des injustices et des anomalies. Mais il est malhonnête de tronquer la vérité parce que celle-ci ne correspond pas à ce que vous avez décidé de dire à l’origine.

« Dire la vérité telle que nous la voyons » disait Jean-Jacques Servan-Schreiber pour décrire la démarche que doit avoir le journaliste. C’est une pensée à méditer longuement. Car lorsqu’elle s’est adressée aux services de la ville il était question de « faire un article positif contre les préjugés en vigueur sur les Hauts-de-Melun ». C’est bien une veine que d’avoir eu cette démarche parce que sans cela l’article eu été effrayant. Insultes, saleté, violence, drogue, échec scolaire, squat, bandes, insécurité, agressivité et cette rénovation qui ne vient pas. Mais où est donc allé se promener la journaliste ? Kaboul, Bagdad, Karachi ? Non, juste Melun.

L’objet de ce billet n’est pas de nier le décrochage scolaire, la violence de certains individus et les trafics en tous genres. Mais est-ce cela les Hauts-de-Melun ? N’est-ce que cela ? Pour quelques uns qui agissent ainsi le quartier doit-il tout entier « mériter sa mauvaise réputation » ? Evidemment que non. L’action que je mène en tant que premier magistrat de la ville est guidée par une volonté : il ne doit exister nulle part à Melun un territoire qui ne répondrait plus aux lois de la République. Je le dis très sereinement : aucun quartier, aucune rue, aucun hall d’immeuble n’est laissé aux mains d’une minorité violente et délinquante.

Pour cela la municipalité à mis en place des Maisons de quartier, des Espace Jeunes, des équipements publics, des Comités de quartier, des animations permanentes et finance des dizaines d’associations de quartier. Elle s’est engagée dans un Programme de Rénovation Urbaine à 200 millions d’euros et met en place un Contrat Urbain de Cohésion Social à 2 000 000 euros. Nulle part je ne vois apparaitre ces initiatives qui ont redessiné le visage des Hauts-de-Melun comme je ne vois pas apparaitre le travail formidable du personnel municipal auprès d’une jeunesse pleine de talent et qui est une chance pour notre ville et notre pays.

Ce silence est la pire des tromperies car c’est pour des centaines de personnes la négation de leur travail quotidien. La stigmatisation systématique des Hauts-de-Melun est inacceptable car elle démontre une manière de pensée dépassée parce que pleine d’idées reçues. La prochaine fois la journaliste s’y rendra le soir lorsque ceux qui travaillent sont rentrés pour les interroger. Quelle surprise de ne trouver en journée que des chômeurs ! La prochaine fois la journaliste donnera la parole à un membre des Comités de quartier pour qu’il lui conte ce qui a changé en 10 ans. Ce qui a changé c’est le quotidien de ceux qu’on avait jusqu’ici regarder comme le poids de la société. Madame, cela est fini. Ecrivez-le !

Un budget de combat et de courage

Lors de la séance du 8 mars le Conseil municipal a adopté le budget pour l’année 2012 après de longs échanges entre l’opposition et la majorité. Cet exercice de questions-réponses, absolument essentiel dans un système démocratique, fait chaque fois apparaitre les divergences qui existent entre les priorités de chacun. Pour ma part j’ai défendu, épaulé par Kadir Mebarek – mon Adjoint aux finances – et l’ensemble des élus de la majorité, un budget de combat et de courage. Je prendrai le temps d’expliquer dans les lignes qui suivent les raisons qui m’amènent à le qualifier ainsi. Mais avant cela je souhaiterais faire un point sur l’état général des finances de la ville puisque l’opposition prend un malin plaisir à détourner le contenu du Rapport d’observations définitives de la Chambres régionale des comptes d’Ile-de-France. A l’heure où certains réclament de la « transparence » je demande de l’honnêteté.

La première précision à apporter est de dire que le rapport porte sur les exercices 2004 à 2008. Ce que l’opposition se garde bien de faire en laissant à penser que les conclusions du rapport valent pour l’état des finances en 2012. Je l’ai souvent dit, ici comme en Conseil municipal, nous avons fait lors du premier mandat et lors de la première partie du second de lourds investissements. Pour cela nous avons créé une dette utile c’est-à-dire une dette qui, non seulement sera recouvrée, mais qui surtout permet de réaliser des équipements publics indispensables au territoire. Le rapport souligne ce choix politique : « certains investissements importants, comme la médiathèque, ont rendu nécessaire la mobilisation de ressources nouvelles ». En outre le Programme de Rénovation Urbaine (200 millions d’euros) implique des investissements qui représenteront 50% du total des investissements jusqu’en 2013.

Les chiffres que citent les élus Modem dans leur édito du Melun Magazine de mars-avril sont parfaitement exacts. Cependant ils coupent, sciemment, le texte afin de tronquer la réalité car le rapport écrit « les données financières de 2009 et 2010 montrent que la commune est sur la voie d’une amélioration de sa situation financière. Sa capacité d’autofinancement nette, quoique faiblement, est redevenue positive ; le produit des impôts locaux a augmenté de 13 % entre 2008 et 2010 (de 19,9 M€ à 22,5 M€) sous l’effet notamment d’une augmentation des taux ; le poste « achats et charges externes » a diminué de 5 % (de 16,4 M€ en 2008 à 15,6 M€ en 2010) ». En 2012, nous poursuivons les efforts entrepris qui portent déjà leurs fruits. Ce que l’opposition oublie aussi de dire c’est que Melun est une ville préfecture et qu’elle s’est engagée dans le projet CAP 2013 qui implique de lourds investissements.

Comme l’explique le rapport « ces caractéristiques expliquent en partie l’importance des charges de la commune, tant en fonctionnement qu’en investissement ». Structurellement, la Ville de Melun ne peut faire autrement que d’avoir des charges importantes. Ceci dit j’aimerais, plutôt que d’évoquer le passé, parler du budget 2012. Ce dernier est le fruit d’un arbitrage politique pour ne pas sacrifier les dépenses d’équipement en acceptant d’emprunter raisonnablement tout en verrouillant les dépenses de fonctionnement et en sanctuarisant les dépenses à caractère social. De la même façon j’ai souhaité que le soutien au monde associatif reste une priorité. Le bien-vivre ensemble implique des investissements que nous poursuivons en 2012. Pour réserver le pouvoir d’achat, notamment des ménages les plus modestes, j’ai souhaité que cette année encore les taux des impôts locaux n’augmentent pas.

Du côté de la dépense j’ai décidé que l’utilité de chaque euro dépensé devait être étudiée afin de déterminer les postes sur lesquels nous pourrions faire des économies. C’est ainsi qu’a été acté le ralentissement de l’évolution des charges de personnel. Tout cela nous permet de préserver notre capacité d’autofinancement, de maintenir intacte notre enveloppe de subventions et de poursuivre nos investissements. Ces investissements qui représentent de l’activité pour les entreprises locales, du bien-être pour les Melunais et l’attractivité pour notre territoire. Les investissements concerneront notamment les opérations phares que sont l’agrandissement de l’école Gatelliet, la reconstruction des écoles maternelles de l’Almont, le projet Oxygène et la construction du Conservatoire du Musique et Danse. Ce dernier projet est à mon sens le symbole de notre politique dans sa dimension culturelle, sociale et urbaine.

Dans ce contexte économique difficile il est de mon devoir de prendre des décisions qui permettent de trouver des solutions aux difficultés quotidiennes des Melunais. Le mandat qui m’a été donné doit servir au progrès pour tous les Melunais. C’est en ce sens que le budget 2012 est un budget combattant et courageux à l’heure où les restrictions font courir le risque d’un recul social. La bonne gestion des deniers publics nous met à l’abri de coupes trop strictes pour être supportables. D’autres ailleurs seront tôt ou tard rattrapés par leur mauvaise gestion. Nous avons nous, à Melun, l’assurance que la ville ne sera jamais dépendante de ses créanciers et qu’elle ne sera jamais dépassée par une dette devenue incontrôlable. Certes il est plus facile de dépenser sans compter. Certes il est plus aisé de promettre sans limites. Mais à l’heure des comptes les administrés se souviennent des mauvais choix.