Analyse à froid des cantonales

Il m’a toujours semblé que l’analyse pertinente d’une situation ne pouvait se faire sans un certain recul et une hauteur de vue indispensable. A peine les premières estimations des résultats étaient-elles annoncées que les commentateurs furent nombreux à se lancer dans des analyses précipitées et parcellaires. J’ai voulu pour ma part prendre le temps de la réflexion après les élections cantonales de mars 2011 pour livrer mon sentiment.

Le contexte politique national n’était, c’est une évidence de le dire, pas favorable à l’élection de candidats de la majorité. L’histoire politique de la France depuis 1958 nous enseigne que quelque soit la majorité en place les élections intermédiaires servent aux électeurs à exprimer leurs doutes et leurs craintes. Les évolutions rapides de notre société inspirent, et je le conçois parfaitement, des inquiétudes. A mon sens il est du ressort des responsables politiques de rassurer par leur action.

Malgré cela l’élection de Denis Jullemier lors de ces cantonales à Melun Sud est une marque de reconnaissance du travail de l’équipe municipale. C’est indéniablement une source d’encouragement pour moi et cela m’amène à poursuivre la transformation de Melun que j’ai entamé avec mon équipe. Ma volonté d’améliorer le vivre ensemble en sort grandement renforcée et pour tout dire décuplée alors que s’ouvre devant moi une deuxième partie de mandat décisive pour un grand nombre de dossiers d’importance.

Je ne pouvais écrire ces lignes sans regretter l’attitude inqualifiable de l’opposition et de ces chefs de file vexés dans leur égo par leur cuisante défaite dans ce canton. A la lecture de certains articles aigris j’ai constaté à quel point la compétition politique et l’avidité des Hommes pour les positions de pouvoir les conduisent à des comportements indignes des responsabilités qui sont les leurs. L’aveuglement qui est le leur quand vient le moment de l’élection leur fait perdre toute sagacité et clairvoyance.

La stigmatisation des électeurs qui ont accordé leur voix au Front National, et pire encore de ces « jolis villages qui votent FN », est extrêmement grave. Elle met au banc de la société des citoyens qui, parce qu’ils se trouvent en situation difficile, voient dans le vote frontiste la dernière arme à leur disposition pour crier leur malaise. Il est tout à fait étonnant que la gauche, qui tient la majorité des régions et départements français, ne s’interroge pas sur la part de responsabilité qui est la sienne.

Les discours de l’opposition ne trompent personne. Les électeurs français n’oublient pas qu’en 1986 c’est le PS qui instrumentalisa le FN pour tenter d’éviter une déroute électorale annoncée. Ceux-là même qui aujourd’hui crient avec vigueur à faire barrage à un parti « fasciste » furent les mêmes qui se livrèrent à un jeu politique dangereux dont nous voyons aujourd’hui les conséquences. Le PS qui aime à se ranger du côté des innocents est largement responsable de l’émergence durable d’une force d’extrême droite en France.

La tentative de disqualification et de délégitimation du FN, en voulant lui accoler l’étiquette « fasciste », traduit à mon sens une incapacité à le combattre sur le terrain des idées. Ma position est extrêmement claire sur ce point : la dénonciation n’est pas un programme. C’est avec nos propositions que nous convaincront les électeurs qui aujourd’hui ont exprimé un mal-être et ceux qui ne se déplacent plus. Ce qu’ils expriment par les urnes et dans un cadre républicain ne doit pas être méprisé. Il doit être entendu.

De la même manière il me parait trop aisé d’expliquer la défaite de la candidate socialiste par le taux d’abstention. Cette démobilisation de l’électorat est la preuve évidente d’une faiblesse de ses propositions et d’un rejet de son projet. Plus grave encore les classes les moins aisées, qui jusqu’ici étaient fidèles au Parti Socialiste, s’en détournent. A tel point qu’aujourd’hui le premier électorat du FN sont les ouvriers déçus du socialisme. L’abstention n’est que la conséquence de l’incapacité du PS à convaincre sur le fond des dossiers. Il n’est pas la cause de sa défaite mais est la conséquence de son échec.

Un échec politique évident, puisqu’il est majoritaire dans les assemblées départementales et régionales, mais un échec également idéologique et sociétal. Le projet qu’il propose, localement comme nationalement, ne répond pas aux aspirations des français. Pour empêcher l’hémorragie vers les extrêmes populistes, de gauche comme de droite, il du devoir de la droite de gouvernement de proposer un projet qui réconcilient les français avec eux mêmes et avec la France. C’est une démarche que je prône depuis toujours et que je défendrai plus que jamais en 2011.

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