Une deuxième chance pour tous

Le 22 février 2010 le troisième site de l’Ecole de la Deuxième chance (E2C) de Seine-et-Marne ouvrait ses portes à Melun après ceux de Montereau-Fault-Yonne et Meaux. A l’origine de cette aventure il y a l’idée d’Yves Jégo qui a su porter un projet tout à faire déroutant dans une France attachée à la réussite scolaire dans des cursus d’excellence. Bien sur ces filières d’élite doivent perdurer mais à côté d’elles comment accepter que 140 000 jeunes sortent tous les ans du système scolaire sans diplôme ? Comment imaginer un pays apaisé socialement et efficace économiquement si cette richesse reste inexploitée ?

Une société comme la notre, moderne et ambitieuse, a le devoir moral de ne laisser personne sur le bord du chemin. C’est, je crois, à la façon dont un pays traite ceux qui n’ont su ou pu se raccrocher à un wagon qui ne leur correspondait pas que l’on mesure l’état d’une civilisation. C’est à la manière dont le système éducatif parvient à lutter contre les lois de la reproduction sociale que s’évalue l’égalité des citoyens ? En accueillant des jeunes, âgés de 17 à 29 ans, en rupture avec le système scolaire depuis au moins 12 à 18 mois l’E2C offre une formidable session de rattrapage.

J’ai soutenu dès l’origine ce projet et cela malgré l’absence de locaux qui nous a obligé à installer l’E2C dans la Salle des Jardins de l’hôtel de Ville. La situation devait être provisoire et comme je m’y étais engagé le Conseil Municipal à voté lors d’une délibération en date du 10 février 2011 la session de locaux à l’E2C. Désormais à proximité de la gare SNCF l’Ecole de la Deuxième Chance de Melun sera plus attractive et renforcera une renommée déjà bien établie. Preuve en est qu’aujourd’hui le bouche-à-oreilles est le principal moyen d’information sur ce qu’est l’E2C de Melun.

Depuis l’ouverture 38 jeunes, répartis sur 4 promotions, ont été accueillis sur la seule base de leur volonté de s’insérer dans le monde professionnel et sur la base d’un projet à la sortie de l’école. L’école fonctionne sur un mode souple d’entrée-sortie qui tranche avec ce que les pensionnaires ont connu dans le système scolaire classique. Le taux d’abandon extrêmement faible (5%) démontre que jusqu’ici l’école n’avait pas su détecter et valoriser les capacités de ces jeunes. Ils trouvent dans cette structure un accompagnement et un soutien indispensable à leur réussite.

La très grande majorité (81,1%) des élèves a suivi un cursus BEP/CAP sans en avoir obtenu le diplômé à la fin. Après une période de stage rémunéré de 4 à 6 mois en alternance les élèves basculent vers la deuxième étape du projet avec une formation professionnelle en alternance sous contrat à durée adaptée au métier décidé qui doit les mener vers l’intégration de l’entreprise partenaire. Car il ne s’agit pas de sortir diplômé de l’E2C mais d’en sortir avec un métier, un contrat et une entreprise.

Il est évidemment encore trop tôt pour mesurer le taux de « sorties positives », puisque les élèves peuvent être rattachés à l’E2C pendant 36 mois, mais il devrait approcher les 70% à l’image du site de Montereau-Fault-Yonne ouvert fin 2007. Puisque la durée moyenne d’accueil est de 10 mois il est déjà possible de remarquer quelques beaux succès. La collaboration réussie, ce n’est malheureusement que trop rarement le cas, entre l’Etat, la région et la commune aboutie à une solution concrète pour combattre l’échec scolaire et le chômage.

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