La Seine-et-Marne, ses médecins et sa santé

En 1946, la Constitution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) proclame que « la possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ». Aujourd’hui il conviendrait d’ajouter à la liste : « quelque que soit son lieu d’habitation ».

Car l’étude du désert médical français montre qu’un gouffre se creuse entre certaines régions défavorisées où la médecine de proximité disparait peu à peu et d’autres où les médecins abondent. Il y a par exemple en Seine-et-Marne quatre fois moins de médecins par habitant qu’il n’y en a à Paris. Cette inégalité n’est pas acceptable et doit être combattue avec détermination jusqu’à sa résorption.

L’accès à la santé pour tous est un des fondements de notre organisation sociétale depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. L’Assurance maladie, composante de cette protection sociale imaginée par le Conseil National de la Résistance, est bâtie sur trois piliers : l’égalité d’accès aux soins, la qualité des soins et la solidarité. Or force est de constater que le premier d’entre eux est aujourd’hui malmené.

En avril dernier l’Assurance maladie faisait le bilan mitigé des incitations financières destinées à attirer les médecins dans les zones désertées. Si les initiatives prises depuis 2007 ont atténué le phénomène il persiste et ne semble pas disparaitre. Je sais ce qu’implique d’exercer la profession de médecin libéral en termes d’engagement personnel et de contraintes administratives.

C’est pourquoi je ne blâme pas les jeunes diplômés qui préfèrent, et c’est leur droit, exercer leur profession au sein de cliniques ou d’hôpitaux qui les soulagent en partie d’une paperasserie écrasante. Je pense que le développement des Maisons de santé, à l’image de celle de l’Almont à Melun, offre une souplesse nécessaire. Un projet de clarification de son statut est d’ailleurs actuellement en débat au Parlement.

Je rejoins ici Valérie Boyer, Députée des Bouches-du-Rhône qui vient de remettre un rapport sur les déserts médicaux, lorsqu’elle explique que « que seules l’amélioration des conditions d’exercice de la profession et les mesures incitatives » permettront de répondre à une « véritable crise de la médecine libérale ». La contrainte que certains avancent comme solution va à l’encontre de la liberté d’exercice de son métier et serait un repoussoir.

Nous payons aujourd’hui, et pour quelques années encore, la sélection impitoyable des universités de médecine. Il me semble que relever le numerus clausus, passé de 6200 étudiants en 2005 à 7400 en 2011, est une excellente initiative et que nous devons poursuivre dans cette voie. Cette barrière est la cause d’un immense gâchis de talents et pose au passage la question de l’échec universitaire en première année.

Le rôle des élus locaux dans l’attractivité de leur territoire pour les professionnels de la médecine est tout à fait essentiel. La rénovation urbaine offre par exemple l’occasion de repenser le tissu local et d’organiser les services, commerciaux mais aussi médicaux, à la nouvelle physionomie du quartier. C’est ainsi que sera créé un pôle médical, avec un cabinet de généralistes (100 m²), dans le quartier des Mézereaux rénové.

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