L’Agglo fête ses dix ans

Samedi et dimanche dernier l’Agglomération Melun Val de Seine invitait le public à fêter les dix ans de l’EPCI. Je tenais à mon tour à saluer le travail effectué par les services de la CAMVS et par l’ensemble des délégués communautaires qui œuvrent au sein d’une structure dont les habitants ne perçoivent pas toujours les compétences. Créé le 1er janvier 2002 la CAMVS exerce en lieu et place des 14 communes qui en sont membres un certain nombre de compétences que les communes ont volontairement choisi de déléguer. C’est l’essence même de la loi Chevènement de 1999 qui créaient les EPCI : donner aux communes les moyens d’assurer en commun des politiques qu’elles peineraient à assurer seules.

A l’origine de cette structure il y a le District Melun-Le-Mée-sur-Seine créé en 1972 qui en 1991 devient le District de l’Agglomération Melunaise avec l’entrée de la Rochette et de Vaux-le-Pénil. Les entrées se suivent : Livry-sur-Seine (1993), Boissise-la-Bertrand et Voisenon (1994), et Dammarie-les-Lys (1997). La loi Chevènement du 12 juillet 1999 sur le renforcement et la simplification de la coopération intercommunale impose la disparition des Districts et leur transformation en Communauté de Communes ou en Communauté d’Agglomération. Nous, les élus faisons alors le choix en 2002 de la transformation du District en une Communauté d’Agglomération.

C’est ainsi que nait la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine qui accueille au passage six nouvelles communes : Boissettes, Boissise-le-Roi, Montereau-sur-le-Jard, Rubelles, Saint-Germain-Laxis et Seine Port. Le nouveau groupement de communes élargit pour l’occasion ses compétences. Je sais combien il est complexe pour un administré de comprendre que pour certaines matières sa ville a délégué sa capacité d’action à d’autres services que les services communaux. C’est là une des contreparties du millefeuille administratif français que beaucoup dénoncent mais qui a aussi ses avantages. Dans un contexte économique difficile mutualiser les moyens devient indispensable.

Ce que j’entends par avantage c’est cette capacité à mobiliser des moyens financiers pour assurer la réalisation de grands projets. Il est évident que la ville de Melun n’aurait su, seule, financer le Musée dela Gendarmerie, le pôle gare SNCF ou encore le Tzen. Les fonds de concours, contributions versées parla CAMVS, participent eux aussi à financer les grands équipements publics de chaque ville. Au-delà des divergences politiques, des intérêts portés par chacun et des aspirations individuelles l’Agglomération est un lieu où des projets que l’on aurait pensé insensés voient le jour. Certes le cheminement est long. Certes des désaccords peuvent surgir mais au final c’est un lieu de démocratie au service de l’intérêt général.

Je regrette malgré tout la distance qui existe entre cette structure et les administrés qui font usage des services proposés. C’est à mon sens l’une des explications aux ratés qui ont entourés le remplacement du TRAM par Mélibus. Le manque de concertation, peut être même de connaissance du terrain ont été la cause d’incohérences flagrantes. Il est du rôle des élus d’accompagner les services dela CAMVS qui sont assez maigres pour un bassin de vie de plus de 100 000 habitants. Nous, les élus locaux, devons nous investir pleinement et apporter notre expertise et surtout ne pas regarder l’Agglomération comme un étrange attelage. Ses compétences sont bien trop importantes pour être dilettantes et désintéressés.

Je suis convaincu qu’avec le temps les habitants s’approprieront l’Agglomération comme à d’autres époques les français ce sont appropriés le département et la région. C’est une chose qui prendra sans doute plusieurs dizaines années car les français sont attachés à la cellule de base qu’est la commune. C’est leur repère. Et transférer les compétences qu’ils ont confié à leur Maire à un ensemble d’élus pour qui ils n’ont, en partie, pas voté ne se fera pas sans mal. Mais les projets qui auront été permis par l’Agglomération et les services dont elle a la charge aideront à cette prise de conscience. Prise de conscience qui un jour se muera en lien fort et profond. C’est le sens de l’histoire. La réforme des collectivités territoriales nous amène vers cela.

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