La vérité comme elle est

Comme j’ai pu déjà l’écrire ici je suis particulièrement attaché à la liberté de la presse et il ne s’agit pas pour moi de lui contester ce droit fondamental. Cependant je souhaiterais exposer mon sentiment sur La République de Seine-et-Marne en date du 19 mars 2012. Car c’est à une attaque en règle à laquelle nous avons eu droit avec les articles « Quotidien dans les quartiers chauds : le silence fait-il sa loi ? » et « Cantines scolaires : un choix contesté ».

Je passerai rapidement sur le second en regrettant malgré tout que le tract politique de Bénédicte Monville, candidate aux législatives sur la première circonscription de Seine-et-Marne, se retrouve repris tel quel dans un article. Jamais la rédaction ne m’a appelé, ou mon Adjointe en charge de l’éducation, pour entendre les arguments qui nous ont conduit à mettre en place une Délégation de Service Public pour les cantines scolaires. C’est, me semble-t-il, la base du travail journalistique que d’écouter les diverses positions sur une question et cela d’autant plus lorsque les affirmations viennent d’une candidate en campagne électorale.

Son manque de notoriété la pousse à rédiger des tracts incendiaires pour que son nom apparaisse dans les médias locaux. J’invite les journalistes à ne pas tomber dans ce piège tendu si typique d’une gauche de la gauche particulièrement sectaire. Je m’étonne, alors que le journaliste était présent lors du Conseil municipal, de ne pas lire les réponses que j’ai apportées à l’opposition sur chaque point. Il est d’ailleurs faux de dire que des « réponses restent en suspens ». J’en veux pour preuve que l’opposition s’est abstenue, ce qui en langage politique équivaut à un oui, et qu’un de ses élus a même voté « pour ».

Pour « un choix contesté » c’est une contestation bien silencieuse. Sauf à considérer qu’une élue qui n’est pas de la commune a son mot à dire sur les délibérations votées par les membres du Conseil municipal de Melun. Que Madame Monville fasse campagne sur des thèmes relevant de la compétence de l’Assemblée nationale serait plus opportun. Qu’elle s’explique, par exemple, sur la régularisation de tous les sans papiers qu’elle appelle de ses vœux. Je n’ai pas beaucoup à développer car chacun comprendra l’esprit étriqué de ce courant politique qui s’oppose à la DSP « d’abord, pour une question de principe » dixit le tract lui-même.

Je ne m’étendrai pas d’avantage sur cet article et préfère concentrer mon analyse sur le premier. A l’auteure je souhaite dire que lorsque l’on ne connait pas un territoire on trempe sa plume dans la tempérance. Que lorsqu’on ignore la réalité du terrain on ne dessine pas à coup de clichés le quotidien de milliers de personnes. Que lorsque l’on est dépourvu de toute lecture politique on respecte l’action des élus de la République. C’est votre droit de dénoncer des inégalités, des injustices et des anomalies. Mais il est malhonnête de tronquer la vérité parce que celle-ci ne correspond pas à ce que vous avez décidé de dire à l’origine.

« Dire la vérité telle que nous la voyons » disait Jean-Jacques Servan-Schreiber pour décrire la démarche que doit avoir le journaliste. C’est une pensée à méditer longuement. Car lorsqu’elle s’est adressée aux services de la ville il était question de « faire un article positif contre les préjugés en vigueur sur les Hauts-de-Melun ». C’est bien une veine que d’avoir eu cette démarche parce que sans cela l’article eu été effrayant. Insultes, saleté, violence, drogue, échec scolaire, squat, bandes, insécurité, agressivité et cette rénovation qui ne vient pas. Mais où est donc allé se promener la journaliste ? Kaboul, Bagdad, Karachi ? Non, juste Melun.

L’objet de ce billet n’est pas de nier le décrochage scolaire, la violence de certains individus et les trafics en tous genres. Mais est-ce cela les Hauts-de-Melun ? N’est-ce que cela ? Pour quelques uns qui agissent ainsi le quartier doit-il tout entier « mériter sa mauvaise réputation » ? Evidemment que non. L’action que je mène en tant que premier magistrat de la ville est guidée par une volonté : il ne doit exister nulle part à Melun un territoire qui ne répondrait plus aux lois de la République. Je le dis très sereinement : aucun quartier, aucune rue, aucun hall d’immeuble n’est laissé aux mains d’une minorité violente et délinquante.

Pour cela la municipalité à mis en place des Maisons de quartier, des Espace Jeunes, des équipements publics, des Comités de quartier, des animations permanentes et finance des dizaines d’associations de quartier. Elle s’est engagée dans un Programme de Rénovation Urbaine à 200 millions d’euros et met en place un Contrat Urbain de Cohésion Social à 200 000 euros. Nulle part je ne vois apparaitre ces initiatives qui ont redessiné le visage des Hauts-de-Melun comme je ne vois pas apparaitre le travail formidable du personnel municipal auprès d’une jeunesse pleine de talent et qui est une chance pour notre ville et notre pays.

Ce silence est la pire des tromperies car c’est pour des centaines de personnes la négation de leur travail quotidien. La stigmatisation systématique des Hauts-de-Melun est inacceptable car elle démontre une manière de pensée dépassée parce que pleine d’idées reçues. La prochaine fois la journaliste s’y rendra le soir lorsque ceux qui travaillent sont rentrés pour les interroger. Quelle surprise de ne trouver en journée que des chômeurs ! La prochaine fois la journaliste donnera la parole à un membre des Comités de quartier pour qu’il lui conte ce qui a changé en 10 ans. Ce qui a changé c’est le quotidien de ceux qu’on avait jusqu’ici regarder comme le poids de la société. Madame, cela est fini. Ecrivez-le !

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