La signature d’un avenant au CUCS

Le 10 mars dernier je signais avec d’autres, dont le Préfet Pierre Monzani, un avenant au Contrat Urbain de Cohésion Sociale mis en place depuis 2007. Avant de rentrer dans le détail de ce qu’est le CUCS il m’apparait nécessaire d’écrire que son objectif est de réduire, jusqu’à les éliminer, les inégalités entre les territoires concernés par le PRU et les autres. Une autre manière de l’expliquer est de dire qu’il s’agit d’un plan d’actions précises qui visent à homogénéiser, par le haut, les différences qui existent en matière de prévention de la délinquance, d’emploi et de développement économique, d’éducation et de santé. Le CUCS, avec son budget de 200 000 d’euros, vient en complément d’autres dispositifs déjà mis en œuvre comme le Programme de réussite éducative, la Convention de gestion urbaine et le Contrat local de santé.

Cet avenant est le fruit d’un long travail. Comme je n’ai pas l’outrecuidance d’estimer qu’il m’est possible d’épuiser le sujet dans ce billet j’ai souhaité ici me concentrer sur la thématique de l’Education et de la réussite. Une société qui ne parvient plus à proposer à ses enfants un chemin d’avenir est une société qui doit se poser la question de sa décadence. L’Ecole doit être, pour les enfants, le lieu de l’apprentissage des savoirs fondamentaux. A ce titre il me parait essentiel de lui redonner l’autorité qui fut la sienne et que les idéaux libertaires de mai 68 ont balayé. L’Ecole n’a évidemment pas à se soustraire aux parents qui ont la charge d’élever leurs enfants et de leur apprendre les règles de vie en société. A l’Ecole il revient d’en faire des citoyens respectueux des lois de la République et des esprits éveillés sur le monde qui les entoure.

De l’étude que nous avons menée il ressort, mais nous ne l’ignorions pas, qu’un travail doit être fait pour favoriser la mixité sociale dans les établissements. Le collège, plus encore que l’école élémentaire, reflète la structure sociale du quartier. Ce qui fait dire aux collégiens qu’il en est le miroir et qu’il limite l’opportunité d’ouverture sur l’extérieur. La reproduction sociale y fait donc son œuvre puisque les populations défavorisées se concentrent dans les établissements en ZUS. Celles qui sont dans une situation favorable mettent en place des stratégies d’évitement, par dérogation ou déménagement, qui renforcent l’entre-soi. La carte scolaire, qui doit devenir un outil de mixité sociale, la pratique du 2ème enseignant dans la classe, les Plans illettrisme et la question de l’orientation sont autant de pistes qui sont de formidables outils à utiliser.

Si, comme je le disais en introduction, l’Ecole ne doit pas remplacer la famille celle-ci doit être intégrer et consulter. La non-maitrise des codes scolaires, l’ignorance des parcours valorisants et l’incapacité pratique d’offrir de bonnes conditions d’étude à la maison sont autant de barrière à l’œuvre de l’Ecole républicaine. Les associations locales, les Collectivités territoriales et l’Ecole proposent toute une série de dispositifs d’aide à la réussite scolaire. Le CUCS est le moyen de définir une cohérence entre tous ces mécanismes afin de rendre chacun d’eux plus efficace. Les familles doivent en être partie prenante afin que les parents sachent comment accompagner le parcours scolaire de leur enfant. Leur participation à des ateliers de devoirs est l’occasion de montrer à quel point les enfants sont en attente d’un soutien pédagogique au sein de la cellule familiale.

L’idée essentielle est de donner du sens à l’Ecole c’est-à-dire de faire saisir aux parents qu’elle est une clef qui ouvre la porte de la réussite sociale. Ce travail est primordial car il arrive que certains, parce qu’ils sont issus d’une culture où l’Ecole occupe une autre place, ne se rendent pas compte du fait que le modèle méritocratique français repose sur le diplôme. Il est évident que j’ai bien à l’esprit les ratés ce modèle. Parce que selon le territoire dont on est issu nos chances de réussite augmentent ou se réduisent. C’est pour cette raison que j’ai souhaité mettre en place un Contrat Urbain de Cohésion Sociale et son avenant. Pour que le territoire ne décide plus l’avenir de ceux qui y vivent. La France, en tant que nation, c’est la conscience de partager un passé commun. Mais c’est aussi le droit à l’espérance dans un avenir individuel réussi grâce aux opportunités qu’offre la République.

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