Les 100 jours de l’immobilisme ambulant

Nous voici déjà, en cette mi-août, arrivés aux termes des 100 premiers jours d’exercice du pouvoir par François Hollande, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault et la majorité socialiste au Parlement. Qu’avons-nous vu de la mise en œuvre des promesses scandées lors des meetings de la campagne présidentielle ? Peu. Si peu qu’à la gauche de la majorité, Jean-Luc Mélenchon en tête, on parle déjà de « 100 jours pour presque rien ». En privé les Verts, que l’accord électoral rend assez peu bavards, et l’aile gauche du PS, Martine Aubry notamment, critiquent largement ces 100 jours gâchés par le détricotage des mesures votées entre 2007 et 2012 et par l’adoption de mesures symboliques pour ne pas dire ouvertement démagogiques. En attendant, les réformes essentielles sont reportées à la rentrée.

A la vue de ces 100 jours, il est évident que les responsables socialistes sont en peine lorsqu’il s’agit de quitter les habits confortables de l’opposition pour se draper de la hauteur de vue que commande l’exercice du pouvoir. Car la critique systématique dans laquelle la gauche s’était enfermée depuis dix ans lui laissait le loisir de ne rien proposer d’autre qu’une virulente logorrhée d’attaques idéologiques. Désormais c’est à elle qu’il revient de proposer des solutions aux problèmes que rencontrent les français. Et pour cela, la gauche semble bien en peine. La raison n’est pas à chercher très loin : les promesses se confrontent à la réalité des finances publiques. Autrement dit la réalité du pouvoir s’impose aux rêves de campagne.

Après avoir rendu la précédente majorité responsable du chômage, de l’insécurité, des fermetures d’usines, du mauvais temps et de la médiocre moisson du blé en août, la majorité actuelle est confrontée à un problème d’ampleur. En effet puisque ses prédécesseurs ont une responsabilité en tout eux même ne peuvent pas être tenus responsables de rien. Elle ne pourra pas se cacher pendant cinq ans, comme elle en fait de façon assez irresponsable, derrière un « ce n’est pas nous, c’était déjà comme ça ». A l’image d’un locataire d’une certaine mauvaise foi elle refuse de voir qu’elle a les clefs de la maison France et que les tâches aux murs sont de son fait. Et pour tâchés, il est certain qu’ils le sont de façon indélébile.

Entre les mesures idéologiques (suppression de l’exonération de taxes sur les heures supplémentaires, retour à la retraite à 60 ans, maintien des 35h, allègement de l’ISF, augmentation des impôts pour 7,2 milliards d’euros) et les mesures symboliques aux effets parfaitement dérisoires (augmentation du SMIC de 2%, baisse de 30% du salaire du Président et des Ministres, plafonnement des salaires des patrons du CAC 40) François Hollande et le Gouvernement Ayrault n’ont pris aucune décision courageuse à la hauteur des enjeux. Lui qui est le champion du consensus devra un jour faire montre d’audace et de caractère pour faire voter des lois, sans doute impopulaires, mais qui sont nécessaires au pays. En attendant les Ministres s’agitent, se montrent et promettent mais l’immobilisme demeure.

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