Voeux aux Melunais

Vendredi 10 janvier, j’ai présenté mes vœux à la population Melunaise. Si vous n’avez pas pu vous y rendre, je vous invite à en découvrir le texte.

« Madame La Préfète,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Mesdames et Messieurs les conseillers régionaux,

Mesdames et Messieurs les conseillers généraux,

Monsieur le Président de la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine

Mesdames et Messieurs les Maires, adjoints au Maire, conseillers municipaux, délégués communautaires,

Monsieur le Général commandant l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale et Mesdames et Messieurs les officiers et sous officiers des trois armes,

Mesdames et Messieurs les hauts fonctionnaires de l’État, de la Région, du département, des communes, de l’intercommunalité en vos grades et qualités,

Mesdames et Messieurs les Présidents d’association,

Mesdames, Messieurs, chères Melunaises, chers Melunais,

« Il n’y a rien qui aille aussi vite que le temps », cette sentence tirée des Métamorphoses d’Ovide nous rappelle que chaque début d’année nous célébrons ensemble le temps en devenir en nous projetant personnellement ou collectivement dans l’année qui vient.

En 2014, l’exercice n’est pas facile pour le Maire que je suis. En effet, en raison du temps démocratique qui s’impose à tous en mars prochain, il n’est pas souhaitable de parler de ce qui a été fait pour Melun et les  Melunais et encore moins de ce qui pourrait être fait dans l’avenir. Chacun ici le comprendra et fera preuve d’un peu de patience. D’ici quelques jours, voire quelques semaines, tout ou presque sera dit, écrit, promis et les Melunaises et Melunais choisiront en conscience quelle équipe dirigera la ville et l’agglomération jusqu’en 2020.

Alors Madame la Préfète en ces temps où les sondeurs nous disent que la parole publique est décrédibilisée, que l’action publique est souvent impuissante et qu’au final l’intérêt général est une valeur en déclin, je voudrais à l’occasion de ces vœux, tenter de démontrer que la parole publique peut être crédible, que l’action publique peut être bénéfique à tous et qu’au final l’intérêt général est une valeur d’avenir.

Trop souvent Madame la Préfète, la parole publique est déconsidérée par nos concitoyens, pourquoi ? Parce qu’elle ne s’appuie pas sur un langage de simplicité et de vérité. La communication est trop souvent centrée sur des annonces, sur des promesses, sur des illusions voire des rêves. Mais lorsqu’on exerce un mandat ou de hautes fonctions, ne doit-on pas d’abord avant de parler, écouter et surtout entendre celles et ceux que nous sommes censés représenter et servir ? Pour rendre à la parole publique toute sa crédibilité, il faut en finir avec les caricatures, les dénigrements systématiques, la malhonnêteté intellectuelle érigée en système d’argumentation.

La parole publique, pour être comprise, doit avant tout être simple et sincère. Elle doit être à la fois pédagogue et responsable et ne jamais s’affranchir de la vérité.

Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous, j’en conviens bien volontiers, mais mon premier vœu pour 2014 sera que nous tous ici, qui à un titre ou à un autre, sommes dépositaires de la parole publique, soyons attentifs à rendre cette parole crédible si nous voulons servir la démocratie.

Trop souvent l’action publique est jugée sévèrement par nos concitoyens, ils la trouvent impuissante, voire futile, ils n’en perçoivent pas le bénéfice pour tous, pourquoi ?

Agir, Madame la Préfète, Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs, ce n’est pas s’agiter comme un poisson dans son bocal, ce n’est pas sous la pression de quelques uns, satisfaire quelques intérêts particuliers, ce n’est pas non plus attendre que l’orage passe, c’est encore moins se précipiter pour faire croire que l’on agit.

Agir lorsque l’on exerce une responsabilité publique c’est d’abord réfléchir, analyser, évaluer les forces et les faiblesses de telle ou telle solution, écouter ceux qui savent mais aussi entendre ceux qui ne savent pas mais qui vivent telle ou telle situation, c’est enfin décider, c’est aussi assumer.

L’action publique a besoin d’être expliquée, elle a besoin aussi parfois de temps pour porter ses fruits, elle a enfin besoin de femmes et d’hommes qui assument ce qu’ils font. Ceux qui sont dans l’action publique ne doivent pas agir en espérant une quelconque reconnaissance, ils doivent agir par contre en espérant que leur action sera bénéfique pour le plus grand nombre.

Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous, j’en conviens là aussi aisément, mais je forme le vœu qu’en 2014 toutes celles et tous ceux qui voudront rendre à l‘action publique son efficacité le feront avec suffisamment de courage et d’humilité pour agir sans faiblir. La différence entre la démocratie et la démagogie est là.

Dans quel but, nous qui exerçons des responsabilités publiques, agissons-nous ? Dans celui de satisfaire quelques intérêts particuliers, fussent-ils légitimes, ou dans celui de satisfaire l’intérêt général qui, chacun le sait ici, n’est pas la somme des intérêts particuliers mais plutôt la somme de ce qui fait l’unité d’un pays ou d’une ville.

L’intérêt général n’est pas une valeur en déclin, c’est même ce à quoi aspirent profondément nos concitoyens si l’on en croit les enquêtes d’opinion, et j’ai envie de les croire.

Défendre l’essentiel, renoncer à ce qui divise pour rechercher ce qui unit, mettre en avant les qualités de tous et non pas les talents individuels, c’est cela à mon sens, l’intérêt général. Dans une ville, l’unité est plus précieuse que les différentes catégories sociales qui la composent. Chercher le plus grand dénominateur commun est toujours plus bénéfique que de se contenter du plus petit dénominateur commun. L’intérêt général n’est pas une valeur en déclin, Madame la Préfète, si l’État, les collectivités locales et tous les responsables mettent derrière cette valeur la même chose à savoir : le respect de chacun pour la satisfaction du plus grand nombre.

Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous, j’en suis convaincu comme vous tous mais je forme le vœu qu’en 2014, la valeur de l’intérêt général soit au cœur de nos débats démocratiques.

Bien que Cicéron dans l’une de ses maximes célèbres « quot homines, tot sententiae » ce qui peut se traduire par « autant d’hommes, autant d’avis différents » ait célébré la richesse de la pluralité de la pensée humaine, je veux croire qu’en cette année nouvelle nous aurons ensemble la même vision de la parole publique, de l’action publique et de l’intérêt général.

Madame la Préfète, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs, chères Melunaises, chers Melunais, au nom du Conseil Municipal de Melun, je vous souhaite une année 2014 énergique, riche de projets personnels ou collectifs.

Que la maladie ou les épreuves morales vous épargnent autant que faire se peut et que vous trouviez en cette année nouvelle non seulement des raisons de croire en l’avenir mais surtout des raisons de croire en la parole et l’action publiques.

« Il n’y a rien qui aille aussi vite que le temps » aussi prenons le temps de vivre pleinement et intensément cette année 2014 avec celles et ceux que nous aimons.

Bonne, belle et constructive année 2014 à tous. »

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